Selon des sources proches du dossier, l'Inde est sur le point de conclure un accord d'investissement pouvant atteindre 100 milliards de dollars avec certains pays européens en échange d'un accès plus facile de ces derniers au pays le plus peuplé du monde pour les activités commerciales. L'Association européenne de libre-échange, qui comprend la Norvège, l'Islande, le Liechtenstein et la Suisse, se serait engagée à investir en Inde dans le cadre d'un accord commercial en phase finale de négociations.
Le cadre général de l'accord a été convenu et les discussions actuelles se concentrent sur le montant final de l'investissement, c'est-à-dire que les pays européens doivent investir 100 milliards de dollars en Inde d'ici 15 ans. Cet investissement devrait créer plus d’un million d’emplois en Inde.
Selon un responsable européen, l'Inde souhaite que l'engagement d'investissement soit juridiquement contraignant, mais des pays comme la Suisse et la Norvège préfèrent qu'il soit fixé comme un objectif sans moyens juridiquement contraignants.
Le ministre suisse de l'Economie, Guy Parmelin, a déclaré le mois dernier qu'après 16 ans de négociations, la Suisse et l'Inde étaient parvenues à un consensus sur un accord de libre-échange. Les grandes lignes de l'accord commercial concerné ont été convenues et les responsables travaillent dur pour finaliser les détails. Parmelin a également déclaré que l'accord "créera des emplois pour les jeunes Indiens et garantira l'emploi en Suisse".
Le ministère suisse de l'Economie a indiqué dans un communiqué que le texte de l'accord "reste à finaliser et les parties ont convenu de ne pas divulguer de détails à ce stade". Les principaux accords conclus par les deux parties portent sur la protection des brevets et la promotion des investissements.
L'accord garantira également un accès plus facile aux professionnels indiens à l'Association européenne de libre-échange et garantira l'accès à ce marché pour certains produits agricoles, ont indiqué les sources. Malgré les différentes politiques de protection de la Suisse envers ses propres agriculteurs, un accès plus facile du riz indien au marché de l'AELE pourrait être acceptable, car la production nationale de riz est faible.
La Suisse est de loin le plus grand partenaire commercial de l'Inde parmi les membres de l'AELE. Au cours de l’exercice 2022-2023, le volume des échanges bilatéraux entre la Suisse et l’Inde s’élevait à 17,14 milliards de dollars.
Pour les membres de l’Association européenne de libre-échange, l’accord, en préparation depuis 16 ans, permettrait aux fabricants d’exporter des aliments et des boissons transformés, des machines électriques et d’autres produits d’ingénierie à des tarifs inférieurs vers un marché massif de 1,4 milliard de personnes. L’accord commercial pourrait également bénéficier aux industries pharmaceutiques et des dispositifs médicaux de l’UE.
Le développement rapide de l'Inde a également suscité l'intérêt des investisseurs de nombreux pays. À la mi-janvier, l’Inde est devenue la quatrième place boursière mondiale. Selon Morgan Stanley, l’Inde deviendra la troisième plus grande bourse du monde d’ici 2030.
Selon un récent rapport d'évaluation économique publié par le ministère indien des Finances, avec le soutien d'une demande intérieure stable et d'investissements privés, le taux de croissance du PIB de l'Inde au cours du prochain exercice budgétaire pourrait dépasser 7 % et devrait maintenir une croissance rapide au cours des prochaines années. Le taux de croissance de l'Inde sera le leader.
Le ministre indien des Technologies de l'information, Ashwini Vaishnaw, a récemment déclaré qu'au cours des prochaines années, l'Inde vise à obtenir 100 milliards de dollars d'investissements directs étrangers (IDE) par an.
Articles connexes :