Selon les médias, l’Union européenne lancera une nouvelle enquête antitrust sur Meta, axée sur l’intégration des fonctions d’IA de WhatsApp, et devrait l’annoncer dans les prochains jours. Les régulateurs italiens ont mené une enquête, accusant Meta d'intégrer l'IA dans WhatsApp sans le consentement de l'utilisateur. L’enquête a été lancée en vertu de la loi antitrust traditionnelle plutôt que de la loi sur les marchés numériques.


L'Union européenne est sur le point de lancer une nouvelle série d'enquêtes antitrust sur Meta, axée sur l'intégration par l'entreprise des fonctions d'IA dans WhatsApp. Il s'agit de la dernière mesure réglementaire de l'UE contre les géants de la technologie.

Le 4 décembre, selon les médias, deux sources ont révélé que la Commission européenne s'apprêtait à lancer une enquête sur la manière dont Meta avait intégré le système « Meta AI » dans son populaire service de messagerie instantanée plus tôt cette année. Il est prévu d'annoncer le lancement de l'enquête dans les prochains jours, mais le calendrier pourrait encore être ajusté.

Selon certaines informations, cette nouvelle enquête sera menée sur la base des lois antitrust traditionnelles, plutôt que du Digital Markets Act (DMA). Cette dernière est la législation phare de l'UE visant à freiner la domination des grandes plateformes en ligne, mais elle est récemment devenue l'objet de critiques de la part de l'administration Trump.

Le moment choisi pour cette enquête est sensible, car les frictions entre les États-Unis et l’Europe s’intensifient sur les questions de réglementation technologique. L’administration Trump s’est publiquement opposée à la réglementation européenne des géants technologiques américains, tandis que l’UE a souligné qu’elle continuerait à appliquer les règles de régulation numérique.

Polémique sur le lancement et l'intégration des fonctions d'IA

Meta a lancé des fonctionnalités d'IA dans WhatsApp dans les pays européens en mars de cette année, après que l'introduction ait été retardée en raison du « système réglementaire complexe » de la région. La fonctionnalité est conçue comme un assistant IA au sein de la fonction de chat de l'application qui peut suggérer des invites et fournir du texte supplémentaire pour remplir les messages.

L'agence antitrust italienne aurait pris l'initiative de lancer une enquête sur Meta, accusant l'entreprise d'utiliser sa position dominante pour intégrer l'IA dans WhatsApp sans le consentement des utilisateurs.

Le mois dernier, les régulateurs italiens ont élargi leur enquête pour inclure de nouveaux termes et de nouvelles fonctionnalités d'IA pour le service de messagerie WhatsApp Business, arguant que ces changements "pourraient restreindre la production, l'accès au marché ou le développement technologique sur le marché des services de chatbot IA".

Un porte-parole de Meta a fait référence à des déclarations antérieures concernant l'enquête italienne, qualifiant les accusations de "sans fondement". Meta a dit :

"La récente mise à jour n'aura pas d'impact sur les dizaines de milliers d'entreprises qui fournissent une assistance et envoient des mises à jour pertinentes aux clients, ni sur les entreprises qui utilisent l'assistant IA de leur choix pour discuter avec les clients."

L’UE continue de renforcer la réglementation numérique

BaBa a déclaré que cette nouvelle enquête contre Meta s'inscrit dans la continuité d'une série de récentes mesures réglementaires de l'UE. Auparavant, l'UE avait lancé une enquête en vertu de la loi sur les marchés numériques sur la façon dont la société mère de Google, Alphabet, classe les agences de presse dans les résultats de recherche, et avait également enquêté sur les services de cloud computing d'Amazon et de Microsoft.

La Commission européenne a souligné qu'elle continuerait à appliquer ses règles de régulation numérique malgré le risque d'éventuelles représailles de Washington et les critiques persistantes des États-Unis. Zuckerberg a fait pression sur l’administration Trump contre ce qu’il considère comme des réglementations européennes lourdes.

Après avoir rencontré Zuckerberg et son équipe de lobbying, le président américain Trump et le vice-président J.D. Vance se sont tous deux publiquement opposés aux règles réglementaires applicables aux géants américains de la technologie. Le mois dernier, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a déclaré lors d'une visite à Bruxelles que l'UE devait assouplir ses réglementations technologiques.

Selon certaines informations, l'action de l'UE intervient alors que Meta vient de gagner un procès antitrust aux États-Unis. La Commission fédérale du commerce des États-Unis avait déjà tenté de forcer l'entreprise de 1,6 billion de dollars à céder ses acquisitions de WhatsApp et de l'application photo Instagram.

Le juge chargé de l'affaire a statué que Meta ne détenait pas de pouvoir monopolistique car elle était en concurrence avec des services tels que Google YouTube. Cette décision contraste fortement avec la position réglementaire de l'UE et met en évidence le fossé croissant entre les deux côtés de l'Atlantique en matière de réglementation technologique.