L'arsenal nucléaire français est peu évoqué aujourd'hui, mais la « Forcedefrappe » ou « Forcededissuasion » de ce pays au cœur de l'Europe, qui possède 290 ogives à fusion, est difficile à ignorer. Le 18 novembre 2023, la Direction générale de l'armement (DGA) a testé avec succès pour la première fois un missile balistique à lancement sous-marin (SLBM) M51.3.
Contrairement aux forces nucléaires des États-Unis et du Royaume-Uni, qui sont conçues pour dissuader globalement une agression nucléaire, l'arsenal nucléaire de la France est une force totalement indépendante conçue spécifiquement pour se défendre contre une attaque sur le territoire français. Cependant, la fierté nationale de la France garantit que son arsenal nucléaire reste un atout de pointe pleinement déployé.
Une partie de l'armement nucléaire français est transportée par des chasseurs-bombardiers, mais les ogives nucléaires les plus importantes sont transportées par les quatre sous-marins lance-missiles balistiques de classe "Trois Éléphants" de la Marine nationale, dont l'un est en permanence en patrouille. Chaque sous-marin transporte 16 missiles M45 et jusqu'à six ogives TN75, chacune d'une puissance de 110 kilotonnes.
ArianeGroup développe la série de missiles M51 depuis 2010, remplaçant le M45 par le dernier modèle, le M51.3. Le missile M51.3 a été développé depuis 2014 et présente un certain nombre d'améliorations, notamment la capacité de transporter une ogive d'une puissance allant jusqu'à 150 kilotonnes et un troisième étage amélioré capable d'étendre la portée et de pénétrer les systèmes de défense antimissile. La portée exacte du missile est classifiée, mais elle est estimée à environ 10 000 kilomètres (5 000 miles) avec une vitesse maximale de Mach 25.
Le M51.3 devrait entrer en service en 2025, et la classe « Sanxiang » ainsi que la classe de sous-marins de suivi SNLE3G sont actuellement en cours de planification. M51.4 est déjà à l'étude pour le développement.
Le dernier test a été réalisé sous la direction de la Direction générale des forces armées (DGA) et a décollé du polygone d'essais de missiles de la DGA à Biscarrosse, dans le sud-ouest de la France. Le missile a survolé l’Atlantique Nord et s’est écrasé dans une zone isolée à des centaines de kilomètres de la côte.
Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a déclaré : "Cette évolution confirme la crédibilité de notre dissuasion nucléaire et démontre les capacités exceptionnelles de notre secteur de lancement."