L'Assemblée nationale française a voté lundi par 130 voix pour et 21 contre l'adoption formelle d'un projet de loi visant à interdire l'utilisation des médias sociaux aux enfants de moins de 15 ans. Grâce à la forte pression du président Emmanuel Macron, le gouvernement français espère mettre officiellement en œuvre la loi avant la rentrée scolaire en septembre. En plus de restreindre l'utilisation des médias sociaux par les mineurs, le projet de loi interdit également l'utilisation des smartphones dans les lycées, bien que les encyclopédies en ligne telles que Wikipedia, Directory of Education and Science et les plateformes de logiciels open source telles que GitHub en soient exemptées.

Bien que le projet de loi doive encore être soumis au Sénat pour discussion dans les semaines à venir, il a reçu un rare soutien de tous les partis politiques français. Macron espère accélérer l’adoption de la législation et l’adopter avant d’autres pays européens envisageant des lois similaires. Citant des données de l'agence nationale de santé publique française, Macron a noté que la moitié des adolescents du pays passent entre deux et cinq heures par jour sur leur smartphone. Environ 90 % des adolescents accèdent quotidiennement à Internet via leur téléphone mobile, et plus de la moitié d’entre eux parcourent les réseaux sociaux sur leur téléphone mobile. Macron a déclaré que cette décision visait à protéger le cerveau des enfants des plateformes technologiques américaines et des réseaux chinois. Un autre législateur a souligné que cette législation montre clairement que les médias sociaux ne sont pas inoffensifs et peuvent amener les enfants à moins lire, à moins dormir et à accroître la comparaison psychologique avec les autres.
Si le projet de loi était adopté selon le calendrier fixé par Macron, la France dépasserait les propositions d'autres pays européens, dont la Grèce, la Norvège, l'Espagne et le Royaume-Uni. La Grèce prévoit d'appliquer une interdiction à partir de l'année prochaine, et des restrictions concernant les adolescents de moins de 16 ans devraient également être soumises aux parlements norvégien et britannique pour examen avant la fin 2026.
Cependant, l'Australie est devenue à la fin de l'année dernière la première démocratie à tenter une telle interdiction, mais des recherches récentes ont mis en doute son efficacité. On estime que trois adolescents australiens sur cinq âgés de 12 à 15 ans ont encore accès à un ou plusieurs comptes de réseaux sociaux. Ainsi, de nombreux utilisateurs signalent que des plateformes telles que YouTube, Snapchat, Instagram et TikTok ont largement ignoré les demandes de fermeture des comptes des adolescents de moins de 16 ans. Alors que de nombreux jeunes contournent les restrictions via des réseaux privés virtuels ou d’autres solutions de contournement, la plupart affirment que le réseau social ne leur demande jamais de vérifier leur âge. Afin de combler cette lacune, la France envisage également actuellement de restreindre l'utilisation des réseaux privés virtuels.
En réponse, le gouvernement australien a doublé les sanctions imposées aux entreprises non conformes, les amendes pouvant atteindre 99 millions de dollars. Actuellement, le régulateur australien d'Internet cible Meta, Instagram, Facebook, Google, YouTube, Sna.