Le Tribunal général de l'Union européenne a rendu un arrêt mercredi, heure locale, rejetant formellement la contestation judiciaire d'Apple contre la désignation de « gardien » de son App Store et de sa plate-forme iOS, et maintenant l'identification précédente d'Apple par l'UE en tant que service de plate-forme critique en vertu de la loi sur les marchés numériques (DMA).

Selon l'arrêt du Tribunal de Luxembourg cité par Reuters, le tribunal a déclaré que "le Tribunal a rejeté toutes les allégations d'Apple concernant son rôle de contrôleur d'accès dans l'App Store et iOS". Cela signifie que le cadre réglementaire de la Commission européenne pour les services multiplateformes d'Apple a reçu un soutien judiciaire.
Apple a déposé une plainte auprès du Tribunal de Luxembourg en 2024. Auparavant, la Commission européenne avait déterminé, conformément à la loi sur le marché numérique, que les cinq App Stores d'Apple sur iPhone, iPad, Mac, Apple TV et Apple Watch constituaient un « service de plateforme monocœur » et devaient donc se conformer à une série d'obligations strictes en vertu du DMA.
Selon la DMA, les grandes plates-formes désignées comme « gardiens » ne sont pas autorisées à se privilégier injustement entre leurs propres services et ceux de leurs concurrents, ni à fusionner et à utiliser à mauvais escient les données personnelles des utilisateurs entre différents services. Dans le même temps, ces plateformes doivent offrir aux utilisateurs la possibilité de choisir des magasins d’applications alternatifs et d’étendre les canaux de distribution d’applications tierces.
Dans cette affaire, Apple a non seulement contesté la désignation de « gardien » de l'App Store, mais a également contesté la décision d'iOS de se définir comme une « plate-forme passerelle ». Selon la pensée réglementaire de l'UE, les plates-formes qui obtiennent ce statut de « passerelle » sont tenues de garantir que les services concurrents peuvent interopérer avec leurs systèmes d'exploitation, réduisant ainsi les barrières techniques et commerciales.
Apple a également tenté de nier la caractérisation d'iMessage par l'UE. L'Union européenne classe iMessage comme un « service de communication interpersonnelle non dépendant du numéro » (NIICS), qui nécessite le respect des règles réglementaires de l'UE en matière de télécommunications. Apple a contesté cette qualification, mais le Tribunal a jugé que les actions en justice pertinentes déposées par Apple concernant le service iMessage ne remplissaient pas les conditions de recevabilité et a donc jugé cette partie "irrecevable".
Selon la DMA, pour être reconnue comme "gatekeeper", une entreprise doit répondre à une série de critères objectifs, notamment réaliser un chiffre d'affaires annuel d'au moins 7,5 milliards d'euros au sein de l'UE, ou avoir une valeur marchande supérieure à 75 milliards d'euros, tout en comptant plus de 45 millions d'utilisateurs actifs mensuels dans l'UE et plus de 10 000 utilisateurs professionnels actifs par an. Les plateformes qui atteignent ce niveau d’échelle et d’influence seront incluses dans les principaux objectifs réglementaires du DMA.